17 avril 2025
Exemple d’une urgence référée au CHV Atlantia
Une chienne Setter Anglais âgée de 9 mois est référée au service des urgences d’ATLANTIA pour prise en charge d’une dyspnée avec toux et d’un abattement depuis 24H. Les radiographies thoraciques montrent un pneumothorax sévère et bilatéral, se recollectant malgré plusieurs thoracocentèses. En l’absence de traumatisme rapporté, un pneumothorax spontané est diagnostiqué. Le caractère récidivant du pneumothorax nous pousse à rechercher une brèche pulmonaire active au scanner. Le drainage pleural est assuré via la pose d’un drain thoracique permettant de stabiliser le chien durant l’examen tout en optimisant l’interprétation des images tomodensitométriques. Une lésion pulmonaire est visualisée en regard d’un trajet fistuleux dans l’espace pleural : l’hypothèse d’un corps étranger migrant d’origine pulmonaire est privilégiée. La fistule est explorée par échographie : un corps étranger végétal est visualisé et retiré (épillet) sous guidance échographique. La récupération de notre patiente a été complète et rapide.
LE SAVIEZ-VOUS ?
Les « bulles » (accumulation d’air, le plus souvent de grand diamètre, dans le parenchyme pulmonaire ou à sa limite, dont la formation est secondaire à une destruction alvéolaire) ou « blebs » pulmonaires (accumulation d’air entre le parenchyme pulmonaire et la plèvre viscérale ou entre les différentes couches de la plèvre viscérale : il n’existe donc aucune communication avec le système alvéolaire) sont les plus causes les plus fréquentes de pneumothorax spontané chez le chien.
Le scanner thoracique détecte 2,5 fois plus de bulles que la radiographie. La sensibilité du scanner est améliorée après la pose d’un drain thoracique et la vidange continue du pneumothorax.
Lors de pneumothorax spontané – non traumatique, le traitement médical seul présente un risque élevé de récidive (un chien sur 2) et de mortalité. La chirurgie thoracique reste recommandée si une bulle est identifiée au scanner, sauf si une maladie sous-jacente non chirurgicale est identifiée. La pose de drain thoracique préalable permet de stabiliser le patient avant l’intervention.
Mise en évidence au scanner d’un pneumothorax, d’une lésion a la surface du lobe pulmonaire caudal gauche et d’un trajet fistuleux dans l’espace pleural. L’épillet, à l’origine du pneumothorax et de la fistule est visualisé et retiré à l’échographie.
Rédigé par les Drs vet. Bizon et Kolb